Nous entamons en ce cinquième dimanche de ce temps de marche vers Pâques la dernière semaine de carême avant la semaine sainte qui arrive dès dimanche prochain, dit des rameaux et de la passion, et passe vite. Nous pouvons peut-être déjà nous réjouir ou au contraire nous désoler un peu de notre route jusqu’à présent. Peu importe ! Avançons résolument vers la semaine sainte ; elle est le sommet de la vie liturgique de l’église catholique : mystère du Christ qui donne Sa Vie pour donner la Vie, mystère de nos renoncements en union au Christ, mystère de notre intercession pour le monde dont nous présentons les fractures et les manques au Père du ciel par les mains percées, mais précieuses, du Christ.
La semaine entière est consacrée au Seigneur, comme un grand dimanche. De même qu’au cœur du dimanche il y a la messe, au cœur de la semaine sainte, il y a une grande célébration liturgique, qui commence le jeudi Saint par la Sainte Cène, continue le vendredi saint par la Célébration de la Croix et trouve son point culminant le samedi soir dans la Veillée Pascale. Ainsi, une seule et même célébration déploie le mystère du salut chrétien par Jésus : don de Communion (jeudi), renoncement à soi par amour à travers le mal (vendredi), source de vie éternelle (veillée pascale). Une seule et même célébration pour nous faire comprendre que nos eucharisties rendent actuels à la fois la Communion de la Sainte Cène, le Sacrifice de la Croix et la Résurrection du Christ. Ainsi, nous comprenons mieux que recevoir les espèces eucharistiques, c’est à la fois communier (au Christ et à nos frères et sœurs) ; recevoir l’Hostie, c’est-à-dire la Victime du Sacrifice (du latin Hostia), et recevoir le Pain de Vie pour la vie éternelle.
Puisse la Semaine Sainte nous permettre de contempler davantage la grandeur infinie du don de la vie baptismale et de l’Eucharistie ! Et pourquoi pas, cette année, faire l’effort de vivre entièrement le Triduum Pascal ? L’Eglise nous y encourage, en favorisant le rassemblement de toute la paroisse pour vivre ces jours saints.
P. Anatole DEDEGBE